Zoom sur Mo Ganji et son tatouage linéaire

 Allotattoo
Allotattoo dans Portraits et interviews Publié le 21/04/2017
Zoom sur Mo Ganji et son tatouage linéaire

Mo Ganji, l’homme qui redéfinit la précision des lignes

De nombreux artistes marquent l’histoire du tatouage, parfois par leur amour pour l’art, parfois par leur génie. Mo Ganji, lui, a su être un génie de l’art de tatouage, en créant un style hors-pair. Portrait d’un tatoueur au talent indescriptible, qui n’a besoin que d’une seule ligne.

 

Qui est Mo Ganji ?

Le tatoueur Mo Ganji est installé à Berlin, en Allemagne. Né en 1983 à Téhéran, capitale de l’Iran, il arriva en Allemagne en 1985 avec sa famille. Cette dernière y vécut en tant que réfugiée. Le père de Mo Ganji souhaitait élever ses enfants dans un pays où l’ouverture d’esprit était de mise, et où subsistait une certaine liberté de parler. Et c’est ce que lui offrait le pays d’Eric Honecker et d’Angela Merkel. Ayant donc grandi là, il se considère comme allemand avec des racines iraniennes auxquelles il reste attaché. Il confiait ainsi au Washington Post en 2015 que l’essentiel de son alimentation était basée sur des mets iraniens.

 

Une technique de tatouage unique, littéralement

La marque de fabrique de Mo Ganji, ce qui fait sa réputation en tant que tatoueur et artiste respecté, c’est la technique qu’il utilisé pour réaliser ses tatouages : l’unilinéaire. Pour faire simple, pour chaque tatouage qu’il réalise, c’est une ligne qu’il trace. Là, vous vous dites certainement : « Facile, si c’est juste un tatouage composé d’un trait, tout le monde peut le faire. » Eh bien non, détrompez-vous, il ne s’agit pas d’un simple trait de quelques centimètres. Car avec sa seule ligne, Mo Ganji est capable de vous faire votre tatouage animal, votre tatouage montagne, votre tatouage fleur ou encore votre tatouage croix. Le fait est donc qu’il réalise tous ces motifs sans jamais lever le tracé. Le travail de Mo Ganji consiste donc à enchaîner petites courbes, traits droits, et enchevêtrements, tous connectés les uns aux autres, tous en une ligne unique. Un linework épuré !

 

Comment Mo Ganji est-il devenu tatoueur ?

L’Iran étant un pays musulman, tatoueur n’était pas forcément le métier le plus évident pour Mo Ganji. Et même celui-ci vivait en Allemagne, milieu favorable, il y avait quand-même sa famille ! Il n’est donc pas de la trempe de ceux qui, déjà dès le jeune âge, se passionnent de tatouages et s’orientent déjà vers le domaine. Pour preuve, Mo Ganji n’a jamais étudié l’art. Avant de devenir tatoueur, il s’occupait de la gestion d’une marque internationale spécialisée dans la mode ; et son salaire n’était pas loin du salaire à 6 chiffres. En tant que réfugiés, ses parents lui mettaient cette pression de faire un métier standard, médecin, avocat, etc., pour s’enrichir. Mais Mo Ganji considéra qu’en plus des biens matériels, la réussite était aussi liée au bonheur.

 

Ayant pu obtenir une fortune conséquente, Mo Ganji, qui avait déjà voyagé dans plus de 40 pays, comprit que sa joie intérieure se trouvait dans un art : le tatouage. Il lâcha donc son emploi, et passa un an à apprendre auprès du tatoueur Valentin Hirsch. Ensuite, il ouvrit son propre salon, et surtout créa un style nouveau : le tatouage unilinéaire, ou single line tattoo. Aujourd’hui, il reçoit des demandes de tatouage de partout dans le monde, et il faut prendre rendez-vous au moins deux mois à l’avance. Et surtout, celui qui n’a plus besoin de regarder un croquis en réalisant son tatouage, avec déjà plus de 400 tatouages réalisés, est à présent un homme comblé et heureux, grâce au tatouage, une seule ligne de tatouage.