Histoire et origine du tatouage indien

Le tatouage indien, une tradition inamovible

Le tatouage faisait partie de la tradition de nombreux pays d’Asie. Mais parmi eux, les plus répandus sont le tatouage chinois, le tatouage japonais, ou encore le tatouage aux Philippines. Pourtant, un autre pays a le tatouage ancré dans ses traditions depuis bien longtemps : le tatouage indien. Beaucoup moins connu, il se présente pourtant comme un art à l’histoire riche et profonde. Avez-vous déjà entendu parler du tatouage indien et êtes-vous curieux d’en savoir plus ? Voici l’éclairage d’Allotattoo.

Les tatouages, bijoux des tribus

Depuis d’innombrables décennies, le tatouage indien partie des habitudes des tribus des régions agraires et boisées de l’Inde. De la jungle dense et humide du nord-est aux régions sèches de Rann de Kuch, les tatouages n’ont alors pas toujours été utilisés pour l’embellissement, et ont joué divers rôles. Par exemple, les anciennes sculptures en forme de labyrinthe sur les roches préhistoriques étaient reproduites sur la peau par les membres de certaines tribus. Le processus était appelé “gudna“, mot hindi pouvant être littéralement traduit en « enfoncer l’aiguille ». Les tatouages indiens étaient alors étalés comme des bijoux, des bijoux inamovibles, des bijoux qui resteraient, même si les possessions de ce monde s’en allaient. La plupart des tribus tatouées vivaient dans l’arrière-pays, dans des zones où le vol de femmes par des tribus rivales était monnaie courante. Par exemple, les femmes de la tribu Apatani d’Arunachal Pradesh étaient tatouées pour paraître moins attrayantes.

Historique des usages du tatouage indien

La procédure du tatouage indien Apatani impliquait l’usage d’épine servant à couper la peau. La suie, mélangée à de la graisse animale, était ensuite appliquée dans les coupures, donnant une teinte bleu foncé. Le tatouage était alors laissé à cicatriser pour prendre une teinte voulue plus sombre. En 1970, la pratique a été interdite par le gouvernement indien. Mais elle se poursuit dans les régions reculées. La tribu Singpho d’Assam et Arunachal avait établi des règles différentes en fonction du sexe. Les femmes mariées se faisaient tatouer les deux jambes, des chevilles jusqu’aux genoux. A l’opposé, ce sont les mains des hommes qui étaient tatouées. Les jeunes filles, quant à elles, étaient interdites de tatouage. Au nord-est du pays, les chasseurs de tête de Konyak de Nagaland se tatouaient également. Chez eux, c’était pour relater leurs prouesses au combat. Mais leur tatouage indien servait aussi à distinguer leur tribu.

De nombreuses autres tribus, telles que les Munda dans Jarkhand, les Dhanuks à Bihar, les Gonds de l’Inde centrale, ou encore les Santhal du Bengale avaient également le tatouage parmi leurs traditions.

Les motifs du tatouage indien

Dans le sud de l’Inde, le tatouage permanent est appelé pachakutarathu, et était très répandu jusqu’en 1980. Des tatoueurs nomades, les Korathi, parcouraient alors la campagne à la recherche de clients. L’un des motifs les plus répandus était le kollam, design labyrinthique qui était supposé protéger le tatoué en enfermant les mauvais esprits. Les Mundas, quant à eux, se tatouent jusqu’à ce jour encore trois lignes verticales sur le front pour symboliser leurs trois victoires sur les Mughals. Les femmes de la tribu Kutia Kondh d’Orissa portaient des motifs géométriques faciaux, pendant que celles de Santhal avaient des motifs floraux sur tout le corps, le visage inclus. Les hommes de Santhal, eux, se tatouaient les sikkas, tatouages minimalistes sur l’avant-bras ou le poignet. Les motifs les plus répandus en Inde incluent également les images de hommes saints, des divinités, ou des dessins inspirés de la nature.

Si certaines de ces traditions ont disparu aujourd’hui, l’adaptation tribale du dragon ou du tigre est aujourd’hui très répandu chez les jeunes dans le tatouage indien. Les tatouages commémoratifs ou spirituels sont aussi fort populaires. En 2015, trois tatoueurs indiens, Mo Naga, Abhinandan ‘Obi’ Nasu et Manjeet Singh ont été répertoriés dans l’Atlas mondial du tatouage.

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