Histoire et origine du tatouage tribal

Le tatouage tribal ou le style des premières heures du tatouage

Le mot “tatouage“ a été formé sur la base du terme polynésien “tau tau“. Partant de cette information, il est alors évident que parler du tatouage en général, c’est d’abord parler du “tau tau“, de l’art corporel venu de la Polynésie. Et c’est en ce sens que l’on parle de tatouage tribal. Les tatouages tribaux constituent donc ce style caractéristique de l’art corporel des tribus polynésiennes. Tous ces faits remontant à plusieurs siècles, il paraît évident que les tribals tattoos ont connu une histoire très dense.

Quelles sont les origines du tatouage tribal ?

Si les premiers écrits portant sur le tatouage tribal ne remontent qu’aux alentours du 19ème siècle, avec notamment les récits du sieur E. Robarts, les réelles origines du tatouage tribal remontent à plusieurs millénaires en arrière. De fait,  le tatouage tribal polynésien constitue la plus ancienne forme d’art corporel. Sur les îles de l’archipel polynésien, on le retrouve exprimé en des motifs extrêmement élaborés, composés de dessins géométriques à caractère divin. L’une des indéniables spécificités du tatouage tribal est qu’il véhiculait des valeurs : chaque tatouage avait un sens et jouait un rôle précis, chaque dessin véhiculait des valeurs.

Chez les tribus des îles Samoa par exemple, les tatouages étaient utilisés comme symboles de l’historique des lignées. Ainsi, divers motifs servaient à matérialiser sur la peau l’ordre de naissance d’une personne, ainsi que sa place dans la tribu. En ce qui concerne les tribus maoris, le tatouage tribal avait également un rôle fortement social. Il permettait primo de distinguer les tribus, et deuxio de scinder les rangs au sein d’une même tribu.

Un gain de popularité qui ne fait pas que du bien

Nous sommes vers la fin des années 1970 et le début des années 1980. A cette époque, après avoir étudié les caractéristiques profondes et les spécificités du tatouage tribal, un tatoueur américain du nom de Leo Zulueta décide de l’adapter au tatouage moderne. Inspiré par Don Ed Hardy à devenir tatoueur, il se lança dans cette mission et réussit, à force de customisation, à réinventer le traditionnel tatouage tribal. Ce faisant, il fait découvrir à l’Occident un style aux contours mystérieux et au charme insondable. Il revenait alors aux autres tatoueurs d’adapter l’esthétique moderne à la dextérité traditionnelle. Mais cette démocratisation, ce rafraîchissement, cette popularité grandissante finit par nuire au style tribal.

Des tatoueurs de tous horizons se sont alors réclamés spécialistes du tribal, croyant, à tort, qu’il suffisait de traits confus et abstraits pour faire un tribal tattoo. Le sens profond des tatouages tribaux fut alors délaissé, donnant parfois naissance à des motifs loufoques qui, en plus de manquer de sens, manquaient d’esthétique. Cela engendra un désamour progressif pour le tatouage tribal.

La renaissance du tatouage tribal

Par conséquent, au cours des années 1980 et 1990, et même au début des années 2000, le style tribal eut très peu d’adeptes. Et finalement, cela lui fut bénéfique. Seuls les véritables spécialistes demeurèrent attachés au style. Progressivement, revinrent alors les véritables œuvres charmantes du tatouage tribal et le style retrouva ses lettres de noblesse. Aujourd’hui, parmi les spécialistes de ce style, on peut évoquer Chimé ou encore Thierry Manao. Un conseil : si vous voulez prendre rendez-vous avec l’un de ces tatoueurs, dépêchez-vous ; car ils sont rares, et donc très demandés.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*