Zoom sur Tin-Tin, tatoueur et leader

Le tatouage est ce qu’il est aujourd’hui grâce à des styles et des motifs, mais surtout grâce à des hommes. Nous vous parlons aujourd’hui de l’un de ces hommes, qui a su mettre plusieurs capes au-dessus de sa cape de tatoueur ; lui, c’est Tin-Tin.

La vie de l’homme et son entrée dans l’univers du tatouage

Tin-Tin, de son vrai prénom Constantin, est né à Nantes le 19 août 1965. Peu après qu’il ait atteint l’âge de la majorité, il fut envoyé en service militaire à Berlin pour une durée d’un an. A l’occasion d’une permission obtenue au cours de ce séjour berlinois, il se procure du matériel de tatouage dans une boutique de Bradford en Angleterre. De retour dans les rangs, il fera alors ses premières expériences de tatoueur sur le bras de l’un de ses compères militaires en 1984. De retour à Paris peu de temps, il se lancera alors dans un apprentissage autodidacte du tatouage. Pour commercer, il passera du temps avec l’un des rares tatoueurs de l’époque, Marcel, installé rue Legendre. Parallèlement, il lisait également de nombreux livres sur l’art, Gotlieb, Michel-Ange, etc. Et surtout, il voyageait, pour rencontrer Ed Hardy et autres grands noms du tatouage lors de conventions, aux Etats-Unis notamment.

Une fois rentré en France et par suite de son auto-éducation en techniques de tatouage, Tin-Tin reprend alors un salon de tatouage dans la ville de Toulouse. Nous sommes alors en 1986. Dans cette première boutique placée sous sa responsabilité, Tin-Tin connaît un succès immédiat. Jusqu’en 1992, il se construit, depuis la cité des violettes, le grand nom qui est le sien aujourd’hui. Il poursuivra sur sa lancée à Paris la même année, où il s’installe dans un premier temps rue Saint-Sébastien. En 1999, il déménage à Pigalles, où il ouvre “Tin-Tin tatouages“, mythique salon de tatouage qui a, depuis lors et jusqu’à ce jour, vu défiler des milliers de clients, parmi lesquels des dizaines de célébrités, sous l’aiguille d’un tatoueur hors-pair, Tin-Tin, un géant du tatouage.

Les accomplissements de Tin-Tin pour la promotion du tatouage

En 2003, Le tatoueur Tin-Tin souhaite que les tatoueurs soient reconnus comme les artistes qu’ils sont. Il se lance alors dans un ambitieux projet : la fondation d’un syndicat. Et il y arrive, avec la collaboration d’Eric d’Etampes ; ils fondèrent le Syndicat National des Artistes Tatoueurs ou SNAT, qui compte aujourd’hui un peu plus de 1500 membres. En 2013, il relance le Mondial du Tatouage, interrompu après ses deux éditions en 1999 et 2000. Là encore, nouveau succès ; le Mondial du Tatouage a pris tellement d’ampleur qu’il se tient à présent à la Grande Halle de la Villette, avec en moyenne 30.000 visiteurs chaque année, rien que ça.

L’exposition “Tatoueurs tatoués“, qui a fait couler beaucoup d’encre entre mai 2014 et octobre 2015 pour son originalité et la réussite qu’elle a constitué, avait pour parrain et conseiller artistique… Tin-Tin.

Des avis tranchés

Tin-Tin, c’est aussi des avis très clairs sur divers sujets en rapport avec le tatouage. Ainsi, pour lui, les tatoueurs sont des artistes, pas des psys. Par ailleurs, le tatouage ne saurait être une mode, car cette dernière est éphémère, alors que le tatouage est permanent. Dans la même logique, il n’hésita pas à contredire Najat Vallaut-Belkacem lorsque celle-ci évoqua la possibilité d’un CAP Tatouages : « Najat Vallaut-Belkacem a-t-elle passé un CAP ministre ? ». Ses phrases souvent brutes, ses blagues et son air détendu révèlent un homme à l’humour intarissable, un passionné de tatouages, un meneur, et un amoureux de la vie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
*